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05/11/10

AUDITIONS de la School of American Ballet à Paris

 

2010 Paris, France Audition

 

SAB will hold in-person auditions for intermediate and advanced students between the ages of 12 and 18 in Paris, France, on october 23, 2010. Students of any nationality may attend the audition. Those who audition will be considered for admission to the 2011 Summer Course.

The audition class, which will include barre and center work, will be taught by SAB faculty member Suki Schorer.
AUDITION DATE & TIMES

SATURDAY, OCTOBER 23, 2010


Ages 12-15* 3:30-5:30 p.m.

Ages 16-18* 5:30-7:00 p.m.

Please arrive for registration ONE HOUR before your audition time.

*Students must be no younger than 12-years-old as of June 30, 2011, and no older than 18-years-old as of June 30, 2011, to enroll for the 2011 Summer Course.

 

23/08/10

NOVEMBRE 2010 - SUKI SCHORER AU CENTRE NATIONAL DE LA DANSE

du mardi 2 au vendredi 5 novembre

CND Lyon / Rhône-Alpes

Master class / Classique

Suki Schorer

L'esprit de Balanchine avec Suki Schorer,
le temps d'une "classe de maître"

 Les stagiaires ont bénéficié de deux cours avec Suki Schorer et d'un autre avec Loïc Salliot,
L'école du Centre chorégraphique national recevait ce week-end la chorégraphe et danseuse étoile américaine Suki Schorer, dans le cadre d'une classe de maître en collaboration avec le conservatoire de Lille.
Georges Balanchine l'avait adoubée dès son arrivée au New York City Ballet (NYCB) en 1959 afin qu'elle transmette sa technique d'enseignement de la danse. Ce qu'elle ne cesse de faire encore et toujours, y compris dans un livre sorti l'année dernière, véritable bible sur cette méthode exigeante.
Une référence internationale
Suki Schorer est la référence internationale de l'enseignement de Balanchine. Dès son arrivée au NYCB, elle le remplace à la direction des cours quotidiens de la compagnie quand il est absent. Elle dirige les cours pour les jeunes recrues qu'elle découvre dans tous les Etats-Unis avec Balanchine.
Lorsqu'elle se retire de la scène en 1972, il crée pour elle un cours avancé pour filles. Et elle parcourt le monde pour des conférences dansées et des classes de maître autour de la méthode Balanchine.
À Roubaix, la trentaine de stagiaires des niveaux supérieurs et préprofessionnels ont bénéficié de 2 cours avec Suki Schorer et d'un autre avec Loïc Salliot, danseur et chorégraphe de la compagnie Artopie. La quinzaine de stagiaires en niveau élémentaire a pu travailler avec Suki Schorer et Amandine Leleu, danseuse classique de la compagnie Artissée. L'exigence technique est différente dans la technique de Balanchine.
L'importance de la musique pour que chaque spectateur puisse « voir la musique et écouter la danse ».

Le ballet comme langage

Le ballet comme langage qui se suffit à lui-même, l'énergie et le mouvement qui prennent le pas sur la pose, une posture du corps très en avant, des pointes rapides et des pliés profonds. Les cours doivent anticiper la difficulté des ballets en plaçant une exigence extrême sur les corps.

Pour Suki Schorer, cette méthode est plus énergétique, vivante et musicale. Il ne s'agit pas d'interpréter comme dans les ballets classiques, mais de suivre abstraitement la musique. Sans les Ballets Russes et l'envie de Diaghilev de mettre en avant l'originalité des danseurs, compositeurs et chorégraphes, une nouvelle génération de danse n'aurait pu voir le jour. Et créer de nouvelles écoles de pensée de la danse. Cet élan de modernité que Suki Schorer ne cesse de transmettre encore.



mardi 9 novembre 2010 à 19h / CND Pantin / Grand studio

Grande leçon de danse

de Technique Balanchine

Suki Schorer


Le calendrier des stages de formation tenus par Suki Schorer en France cet automne:
25-28 Octobre - Académie Américaine de Danse - Paris2-5 Novembre - Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse - Lyon
6-7 Novembre -École de danse du Ballet du Nord - Roubaix 
8-9 Novembre - Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse - Lyon 
9 Novembre - Grande leçon au Centre National de la Danse - Pantin


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cliccando qui



19/01/10

Biographie


SUKI SCHORER

Danseuse, Pédagogue, Conférencière, Écrivain
Spécialiste de la technique de danse classique et de l’esthétique de George Balanchine





FORMATION ET ACTIVITÉS PROFESSIONNELLES EN QUALITÉ DE DANSEUSE

Suki Schorer reçoit sa première formation professionnelle à la San Francisco Ballet School et en 1956, elle est engagée au San Francisco Ballet. Comme membre de cette compagnie, elle parfait sa technique de danse classique avec Lew Christensen. En 1959, George Balanchine l’invite à rejoindre le New York City Ballet où elle a la possibilité de suivre, pendant plus de dix ans, le cours quotidien de la compagnie tenu par Balanchine lui-même. En 1968, elle est nommée principal dancer (danseuse-étoile). Elle interprète de nombreux rôles de soliste et d’étoile du répertoire de Balanchine. Entre autres, dans les ballets Apollo, Serenade, Concerto Barocco, Symphony in C, Ivesiana, Stars and Stripes, Tarantella et Jewels. Balanchine crée pour elle plusieurs rôles de soliste et d’étoile dans les ballets Don Quixote, Raymonda Variations, Harlequinade, et A Midsummer Night’s Dream.




PÉDAGOGIE

Dès l’arrivée de Suki Schorer au New York City Ballet, Mr. Balanchine entrevoit qu’elle a le don de l’enseignement et l’encourage à entreprendre l’activité pédagogique. À sa demande et bien qu’elle ne soit qu’une jeune danseuse, elle commence donc à enseigner à la School of American Ballet, chaque fois que ses occupations à la compagnie le lui permettent; elle tient des cours de tout niveau pour filles et de niveau débutant et intermédiaire pour garçons. En plus, lorsque Balanchine n’est pas disponible, c’est elle qui le remplace à la direction du cours quotidien de la compagnie. Quelques années plus tard, Mr. B lui confie la tenue d’un cours spécialement créé pour les “nouvelles recrues”, les danseurs entrés depuis peu dans la compagnie. Il l’invite aussi à parcourir les États Unis à la recherche de nouveaux talents pour la School of American Ballet, ainsi qu’à l’assister personnellement lors des séminaires qu’il organise, avec le soutien de la Ford Fondation, à l’usage des professeurs de danse classique.

Lorsqu’elle se retire de la scène en 1972, Mr. B se montre encore une fois convaincu de ses capacités pédagogiques, en instituant pour elle à la School of American Ballet un nouveau cours de niveau avancé pour filles. In 1998, la Fondation Brown crée pour elle une chaire, à la Senior Faculty de la SAB, ce qui constitue aujourd’hui encore sa première occupation. En dehors de l’enseignement, elle reprend chaque année en entier un ballet de Balanchine pour les élèves de la SAB, à l’occasion du spectacle de fin d’année, ainsi que des extraits du répertoire de Mr. B pour les apparitions ou les autres représentations des élèves de l’École. Elle est aussi chargée d’auditionner les jeunes candidats à la SAB à New York et dans tous les États Unis. En 1992, Mme Schorer est nommée au Who’s Who in America, et en 1997 elle reçoit le prix Distinguished Teacher in the Arts de la National Foundation for the Advancement of the Arts, ainsi que le Dance Magazine Award, en 1998.

CONFÉRENCES, PUBLICATIONS

En 1972, Mr. B invite Mme Schorer à continuer la supervision du programme de conférences dansées que le NY City Ballet tenait dans les écoles publiques. Pendant les premiers temps, elle se présente dans le double rôle de conférencière et de danseuse, faisant les démonstrations elle-même ; ensuite, elle se fait assister, pour les parties dansées, par des élèves de la SAB, et ceci, jusqu’à 1995. Elle continue à représenter le NYCB et la SAB au cours de nombreuses célébrations et travaux universitaires, tant comme conférencière que comme participant. Elle tient plusieurs conférences et conférences dansées et prend part aux congrès sur l’œuvre de Balanchine qui se tiennent à la Carnegie Hall, au Musée Guggenheim, au Harvard Dance Program, à la New York Public Library, à la Century Association, et partout ailleurs aux États-Unis et à l’étranger.

Avec le soutien de la Fondation Balanchine, elle crée une série de 9 vidéos intitulées The Balanchine Essays. Les trois premières, Arabesque, Passé and Attitude, et Port de Bras and Épaulement, sont aussi mises en vente. Dans ces vidéos, mises en scène avec Merrill Ashley, elle présente une analyse de tous les aspects du vocabulaire académique qui avaient été revus et élaborés par Balanchine, en les faisant démontrer par Merrill Ashley elle-même et par les danseurs du NYCB et de la SAB. Son commentaire expose les théories de Mr. B sur la danse, appliquées spécifiquement aux différents pas, et son approche si particulière du mouvement.

En 1999, Knopf publie son livre Suki Schorer on Balanchine Technique, un exposé sur les principes de l’enseignement réservé par Balanchine aux danseurs professionnels. En 2000, cet ouvrage reçoit le prix de la Torre Bueno de la Fondation Dance Perspectives, et en 2009, il est édité en italien et en français par Gremese; l’édition japonaise est en cours de préparation. En 2005, Workman publie Put Your Best Foot Forward, un livre de conseils et de maximes à l’adresse des enfants, que Suki Schorer écrit avec la collaboration de la SAB. En 2001, elle est élue à la Century Association of New York.

ENSEIGNEMENT EN QUALITÉ DE PROFESSEUR INVITÉ ET AUTRES ACTIVITÉS PROFESSIONNELLES

Mme Schorer est invitée régulièrement à tenir des masterclass dans de nombreuses écoles et festivals de danse organisés dans tous les États Unis. Elle enseigne au Ballet du Bolchoï, au Ballet National de la Chine et à son école (Péquin), au Ballets de Monte-Carlo, au Ballettzentrum John Neumeier (Hamburg), à la Royal Ballet School (Londres), au Ballet et à l’école du Ballet de La Scala (Milan), au Centre National de la Danse (Paris), à l’Académie Internationale du Ballet (Varna), à l’école du Ballet de l’Opéra de Vienne, au Théâtre National de Prague, à l’Australian Ballet (Melbourne), au Japon et en Espagne. Elle est membre du jury du Prix de Lausanne.

15/01/10

Ils ont dit d'elle...



En ce qui concerne l'enseignement, personne ne fut aussi proche de Balanchine que Suki Schorer. Pour emprunter les mots de Shakespeare, ils réalisaient l'union
suprême de deux nobles esprits... Elle était et elle reste une dépositaire unique de sa technique et de la façon de l'enseigner. Avec ce livre, tout comme avec ses cours, elle contribue à l'0uverture de la succession de Balanchine.
Violette Verdy, ex Directrice de la danse - Opéra National de Paris,
Bloomington, Indiana, juin 2008




Suki Schorer est un très grand professeur, j'en ai fait moi
-même l'expérience lorsque j'étais danseuse. Elle rend chaque élève responsable de son propre travail et les exercices qu'elle donne allient exigence physique et musicalité extrême. Ce livre rend hommage à cette tradition du travail si approfondi, telle que Suki en a hérité de Balanchine.
Élisabeth Platel, Directrice de l'École de Danse de l'Opéra National de Paris
Paris, décembre 09



Suki Schorer est un professeur fantastique… son esprit est solaire et ses démonstrations des pas, riches et prenantes, ont une chaleur incroyable: elle réussit non seulement à transmettre de façon directe le sens de l'enseignement de Balanchine, mais aussi à charger les élèves d'une énergie extraordinaire.
Frédéric Oliviéri, Directeur de la Scuola di Ballo dell’Accademia Teatro alla Scala.
Milan, juillet 2008



Suki Schorer et la technique Balanchine
est un livre important : on ne peut enseigner le talent, mais le talent ne peut s'exprimer sans la technique.
Alessandra Ferri, étoile internationale
Milan, décembre 09



Un immense travail d'intelligence et d'amour… Brava!
Jacques D’Amboise, étoile du New York City Ballet
New York, 1999


Bibliographie







12/01/10

CDs et Vidéos/DVDs



Balanchine Essays

Série de vidéos concernant l'analyse de la technique Balanchine, réalisés
par Suki Schorer avec Merrill Ashley en 1995

* arabesque
* port de bras and épaulement
* passé and attitude
* pointe technique & pas de bourrée
* pirouettes and other turns
* jumps (part one)
* jumps (part two)





CDs et DVDs de cours de danse classique (pointes)





1994

Music for Ballet Class- Suki Schorer & Nancy McDill






1997
Encore! - Suki Schorer & Nancy Mc Dill





2003

Legends - Suki Schorer & Whit Kellogg



et aussi...

  • Marie-Jeanne coaching Concerto barocco with John Taras and Suki Schorer - George Balanchine Foundation 1997
  • Balanchine lives! Arte, 1998
  • Antonina Tumkovsky - 50 years at the School of American Ballet SAB 1999
  • Living a Ballet Dream: Six dancers tell their stories - Richard Blanshard - 2001
  • School of American Ballet, serving the classical vision SAB, 2008
  • Bringing Balanchine back - 2009


Publications


Publications


_____________________________________1997












------------1999





____________2005





et aussi...

  • contribution à I remember Balanchine di Francis Mason, Doubleday, 1991
  • contribution à First Lessons in Ballet de Lise Friedman, Workman, 1999
  • contribution à Balanchine: Celebrating a Life in Dance, Costas, Tide-Mark Press, 2003
  • contribution à Grace Under Pressure: Passing Dance Through Time - Limelight Editions, 2003
  • contribution à Balanchine Then and Now, Sylph Editions, 2008 (pages 101-109 Suki Schorer in conversation with Ann Hogan)

From New York Times, January 30, 2000
January 30, 2000
By MINDY ALOFF


When George Balanchine's ballets are carefully staged and well danced, words are superfluous. Few individuals understand this better than Suki Schorer, a former principal of the New York City Ballet and a teacher at the School of American Ballet, for whose annual workshop performances she stages and coaches some of the liveliest Balanchine productions to be found anywhere. Her book is something else, an analysis of how Balanchine thought about his work on the most intimate level of daily practice. It's a textbook, really -- laid out in double columns with instructional photographs -- and it goes into highly technical detail, down to the calibrations of pressure in the way a ballerina accepts a partner's hand. And yet even a general reader will be rewarded with clarity, humor and countless insights into Balanchine's sensibility and personality. The book describes the exacting pedagogy and exquisite refinements of taste that underlie the choreography's winging spontaneity and its fantastical imagery, and it is an invaluable and highly practical record of how Balanchine did what he did. former principal of the New York City Ballet and a teacher at the School of American Ballet, for whose annual workshop performances she stages and coaches some of the liveliest Balanchine productions to be found anywhere. Her book is something else, an analysis of how Balanchine thought about his work on the most intimate level of daily practice. It's a textbook, really -- laid out in double columns with instructional photographs -- and it goes into highly technical detail, down to the calibrations of pressure in the way a ballerina accepts a partner's hand. And yet even a general reader will be rewarded with clarity, humor and countless insights into Balanchine's sensibility and personality. The book describes the exacting pedagogy and exquisite refinements of taste that underlie the choreography's winging spontaneity and its fantastical imagery, and it is an invaluable and highly practical record of how Balanchine did what he did.

10/01/10

La Technique Balanchine


La méthode Balanchine est une technique du ballet qui a été développée par le chorégraphe russe George Balanchine. Il l’appliqua à la School of American Ballet, l’école qu’il avait créé à New York en 1934[1], pour former les danseurs de sa compagnie, le New York City Ballet (1948). Il ne s’agit pas d’une véritable méthode d’enseignement étudiée pour la formation des enfants, comme pourrait être la méthode Vaganova, mais plutôt d’une technique qui vise à certaines qualités de musicalité, rapidité, dynamisme et pureté de lignes, permettant d’aborder l’esthétique néo-classique du grand chorégraphe[2].

Esthétique

Cette technique particulière obéit à certains principes de base, qui caractérisent le style des chorégraphies de ce grand maître de la danse classique.


Selon les propres mots de Balanchine, dans un ballet, chaque spectateur devra pouvoir voir la musique et écouter la danse. Dans le but d’affiner la musicalité du danseur, le respect des tempos ainsi que du phrasé particulier de chaque genre de mouvement fait l’objet d’une attention particulière au cours de toute la leçon. Les exercices sont souvent construits sur des comptes insolites (cinq, six ou neuf temps) et doivent toujours être exécutés au bord de la note. Le choix des musiques pour la leçon est très varié et puise dans le swing et dans la musique américaine des années cinquante.


Plus que la forme, ce qui compte est l’énergie, le mouvement. Il en ressort souvent une dynamique horizontale des pas, profonds et fluides, tous liés par des pliés riches, moelleux, juteux (le mot de Balanchine est juicy). Mr. B aimait répéter: Ne soyez pas radins avec vos pliés!. En général, les pas qui prévoient un déplacement du danseur sont effectués de façon à couvrir le maximum d’espace, à moins qu’ils n’aient qu’un rôle rythmique, auquel cas ils se réduiront à de petits ciselages musicaux (la glissade et le pas de bourrée, par exemple, peuvent être tour à tour exagérément amples ou bien très menus et exécutés presque en « rattrapant » la musique. Les qualités contrastantes des mouvements sont souvent poussées à l’extrême: haut ou bas, rapide ou ralenti, petit ou large. La ligne du mouvement est en général très ample, ouverte, généreuse, avec des changements de direction fréquents qui font ressortir la géométrie parfaite du corps. On retrouve, dans la couleur expressive et dans la dynamique de certains pas, l’influence du jazz et de la danse de caractère. La rapidité des pas sur pointes et de ceux du petit allégro, est souvent à la limite de l’impossibilité physique .



Importance accordée à la géométrie et à la symétrie du corps
Celle-ci apparaît dans la construction des épaulements, aussi bien que dans les points de départ et d’arrivée de tout mouvement des bras et des jambes. Ceux-ci suivent dans l’espace des trajectoires tracées très précisément à partir de la ligne centrale du corps (axe vertical) [3]. La cinquième et la quatrième position (voir la photo en blanc et noir de Darci Kistler) sont donc très profondément croisées. Dans un croisé (ci-dessus Suki Schorer à la SAB) la ligne centrale apparait évidente du haut des doigts du bras en couronne, jusqu'à l'avant-pied d'appui.



L’en-dehors est poussé à son maximum et la netteté de la cinquième est fondamentale. La troisième position n’est pas utilisée du tout. Cette géométrie si nette est compensée par la grande douceur des ports de tête et de cou, très curvilignes et détendus. En général, les pirouettes sont prises d’une quatrième position très profonde, semblable à une fente, avec la jambe de derrière tendue (photo SAB ci-dessous) ; pendant le tour, les bras restent très près du corps et entrecroisés.

Valorisation de chaque partie du corps


Les doigts sont toujours légèrement séparés et entrouverts comme les pétales d'une fleur (photo ci-dessous).





































Les bras sont animés et articulés d’une façon non conventionnelle pour la danse classique. Le coude, le poignet, la main et chacun des doigts, prennent tous partie au mouvement de façon évidente.


Souvent, les positions des bras sont tellement fermées que les bras s’entrecroisent, et les poignets sont parfois fléchis très nettement (voir photo ci-dessus). La vivacité du regard, la sensualité de la ligne du cou, et plus en général la vitalité et la mobilité de tout le haut du corps, sont l’objet d’une attention constante pendant les cours. Tous les mouvements du pied sont étudiés avec une minutie d’orfèvre, jusqu’au plus petit détail (particulièrement le départ et l’arrivée du mouvement en cinquième, la position sur le cou-de-pied, ainsi que les moments de liaison, souvent négligés, et qui reprennent ici une importance capitale, dans le but d’un résultat esthétique très net et raffiné).


Le bassin a un rôle plus important que celui traditionnel, car il devient le vrai moteur du pas au cours des tombés des décalés, des piqués, des sissonnes sur pointe ; dans certains ballets, il acquiert une autonomie expressive ("Rubies" de Jewels ou The Four Temperaments, par exemple).

Éclat du pas

Il ne s’agit pas là de frapper la vue du spectateur par des effets acrobatiques ou spectaculaires, mais bien d’une "brillance", d'un rayonnement expressif et d’une incisivité, d’un mordant de la danse, naissant d’une part, de l’énergie personnelle engagée par le danseur et de l’autre, de sa limpidité d’articulation technique.

Éléments techniques distinctifs

De nombreuses notions de la danse académique ont été revues par Balanchine, qui a aussi élaboré nombre d’exercices spécifiques pour pouvoir les maîtriser à sa manière :

LA POSTURE


Quelle que soit la hauteur des jambes, le maintien du corps est toujours très droit. Le poids du corps est très porté vers l’avant et distribué presque exclusivement sur les avant-pieds, en laissant les talons légers[4]. De la sorte, le danseur reste en suspension, attentif et prêt à bondir à l’instant, comme un boxeur sur le ring.


L'OUVERTURE DE LA HANCHE AU COURS DES MOUVEMEN
TS DE LA JAMBE VERS L’ARRIÈRE

Au cours de tous les mouvements de la jambe vers l’arrière (battement tendu, jeté, grand battement, arabesque, attitude, etc.), on libère la hanche correspondante, de façon qu’elle s’ouvre pour atteindre l’en-dehors maximum, tout en maintenant la perpendicularité de la hanche d’appui par rapport à la barre. Ce détail participe à créer la ligne typique de l’arabesque de Balanchine : très dynamique et en flèche, tout en tenant le corps bien droit[5].


LE RÔLE DU TALON AU COURS DU PLIÉ

Une particularité qui frappe les observateurs d’un cours-type : le talon ne reste pas obligatoirement au sol au cours des demi-pliés. Ceci dépend de la conception très dynamique du plié chez Balanchine. Il s’agit là d’un véritable accumulateur d’énergie pour le pas qui suit, une vraie poussée contre le sol, laquelle ne doit jamais s’entrecouper de pauses. Faire reposer le talon au sol équivaut à un arrêt du mouvement, si bref qu’il soit. Le plié anime la danse ainsi que le fait la respiration pour la vie : il ne peut donc pas s’interrompre. Par conséquent, lorsque le danseur a de la difficulté à effectuer un plié profond, en raison de ses ligaments trop courts ou du manque d’élasticité des muscles postérieurs de ses cuisses, il vaut mieux qu’il repousse le sol avec énergie, quitte à soulever légèrement le talon au plus bas du demi-plié, plutôt que respecter rigoureusement la règle du talon au sol.


LES POINTES

Balanchine a complètement revu la technique des pointes. Passionné des pointes dès sa première jeunesse, il a raffiné chaque détail de leur utilisation, pour en éliminer tous les inconvénients esthétiques dérivant de la raideur des chaussons renforcés (comme le bruit provoqué par la descente au sol ou bien les ressauts ou rebonds facilement produits au cours d’une montée rapide). La danseuse monte sur les pointes sans aucun petit saut ni à coup, exactement comme pour un relevé sur demi-pointes. De ce fait, la pointe se retrouvera exactement à l’emplacement où se trouvaient les orteils lorsque le pied était à plat (exception faite pour un ajustement léger, nécessaire pour bien croiser la quatrième et la cinquième position sur pointes). La seconde position sur pointes est donc plus large que de coutume. La descente s’effectue de façon contrôlée, sans jamais laisser le pied retomber par effet de la gravité. Les deux actions, à la montée et à la descente, se font par un déroulement complet du pied, c’est-à-dire en l’articulant à fond. Le mouvement doit être fluide et parfaitement contrôlé, et paraître tout à fait naturel et en même temps très sophistiqué[6].


L’ATTERRISSAGE DES SAUTS


La même idée gouverne l’atterrissage des sauts. Le danseur descend au sol comme le ferait une maman-oiseau sur ses œufs, en retenant le poids de son corps et en amortissant l’atterrissage avec les articulations du genou, de la cheville et du pied, avant même de poser le talon par terre[7].

Enseignement

La Méthode Balanchine est enseignée aujourd’hui à la School of American Ballet (SAB), l’Académie officielle du New York City Ballet, dirigée par Peter Martins, et au sein de nombreuses écoles et compagnies aux États-Unis (Miami City Ballet dirigée par Ed Villella, Ballet Chicago Studio Company, dirigée par Daniel Duell, Suzanne Farrell Ballet de Washington, Pacific Northwest Ballet de Seattle, dirigée par Peter Boal). Nombre d'ex-danseurs de Balanchine, et parmi tant d'autres, Violette Verdy, Merrill Ashley, Patricia Neary, Patricia Wilde, Jillana, Nanette Glushak, directrice du Ballet du Capitole de Toulouse, Barbara Walczak, Una Kai et Jacques D'Amboise continuent à enseigner la méthode dans le monde entier.

Suki Schorer, qui a été choisie par Balanchine pour l’assister dans l’enseignement, et qui l’a aidé pendant vingt quatre ans, a écrit à ce sujet un livre très complet Suki Schorer et la technique Balanchine, publié par Gremese en 2009





Critiques

La méthode Balanchine a ses fanatiques et ses détracteurs. La très grande mobilité des bras, et tout particulièrement l’usage du poignet fléchi, ainsi que la position de la main, et précisément du pouce, qui reste très en évidence, choquent parfois les puristes de la danse classique. D’autre part, l’usage fréquent des décalés, les déhanchements et l’utilisation des positions naturelles (en dedans) font typiquement partie de l’esthétique néo-classique, telle que celle qui avait été inaugurée en France par Serge Lifar.

Balanchine adorait la cinquième position, probablement à cause de son aspect définitif, centré (c’est le croisement absolu) ; jusqu’à sa mort, il proclamait "Tout est là!". À la SAB et chez les danseurs du NYC Ballet, aucune approximation n’est tolérée à ce sujet (voir affiche SAB ci-dessus: la cinquième correcte) Cette intransigeance au sujet de l’en-dehors fait l’objet de certaines critiques.

Selon d’autres remarques, certains feraient l’erreur de considérer cette technique, (très exigeante du point de vue corporel, ainsi que totalement indifférente au bien-être où à la santé physique du danseur, car elle s’adresse essentiellement à des professionnels ou à des danseurs déjà formés), comme une véritable méthode d’enseignement ; ce qu’elle ne doit pas être, n’étant pas étudiée pour la préparation d’un jeune élève et pouvant lui faire courir des risques, en raison de sa rapidité excessive et du travail si particulier du bas de jambe (voir Juan Giuliano et Marian Horosko).

En général, comme pour toute théorie esthétique, le risque que courent les disciples de Mr. B est celui de figer sa technique. Trop vouloir théoriser de façon définitive ce qui chez Balanchine était seulement une exigence artistique personnelle, et qui naissait aussi de l’ambiance culturelle de son époque, peut faire perdre justement cette vitalité qui pour lui, était tout; pour trop vouloir préserver, on risque aujourd’hui de faire du style de Mr. B une « manière » ou quelque chose de daté.


Bibliographie

* Histoire de mes ballets, George Balanchine, Fayard 1994
* Conversations Avec George Balanchine - Variations Sur Tchaïkovski, Solomon Volkov, L’Arche, 1997
* Balanchine, biographie, Bernard Taper, Lattes 1980
* Suki Schorer et la technique Balanchine, Gremese 2009
* Balanchine the teacher, Barbara Walczak, Una Kai, University Press of Florida, 2008
* Dancing for Balanchine , Merrill Ashley, E.P. Dutton inc. New York 1984
* But first a school, Jennifer Dunning, Viking 1985
* Balanchine Essays, neuf vidéos où tous les aspects techniques de la méthode sont analysés de façon systématique par Suki Schorer, Merrill Ashley et par les danseurs du New York City Ballet - Nonesuch productions, 1995
* Antonina Tumkovsky - 50 years at the School of American Ballet vidéo 2003

Notes

1. ↑ But first a school, Jennifer Dunning, Viking 1985
2. ↑ Warren, Gretchen Ward. Classical Ballet Technique. Ed. University of South Florida Press, Gainesville, 1989.
3. ↑ Suki Schorer et la Technique Balanchine p. 40, 42, 53
4. ↑ Balanchine, the teacher, B.Walczack, Una Kai, UPF p. 246
5. ↑ Balanchine Essays - Arabesque - Nonesuch vhs
6. ↑ Suki Schorer et la Technique Balanchine p. 290
7. ↑ Suki Schorer et la Technique Balanchine p. 61, 380

Parution de l'édition française et italienne de "Suki Schorer et la Technique Balanchine"



Suki Schorer est venue en Italie et en France au mois de novembre 2009 à l’occasion de la présentation de la double édition italienne et française de son livre sur la technique et l’enseignement de Balanchine : "Suki Schorer et la technique Balanchine", publié par Gremese, préfacé par Violette Verdy et présenté par Elisabeth Platel, directrice de l’École de Danse de l’Opéra National de Paris.





PREMIÈRE ANALYSE DÉTAILLÉE DE LA TECHNIQUE DE DANSE CLASSIQUE DE GEORGE BALANCHINE, CE LIVRE OFFRE UN EXPOSÉ CLAIR ET ESSENTIELLEMENT PRATIQUE DES SECRETS DU STYLE DU NEW YORK CITY BALLET.

Danseuse-étoile du New York City Ballet et assistante de George Balanchine, Suki Schorer enseigne aux cours avancés de la School of American Ballet de New York, école fondée par Balanchine et dépositaire de sa méthode. C’est cette technique qu’elle diffuse de part le monde entier.

Concernant la présentation de l’édition française, Mme Schorer a été à Paris du 12 au 16 novembre. Accompagnée des démonstrations de Jessy Hendrickson, danseuse du New York City Ballet, elle a enseigné le 13 novembre aux élèves de l'École de Danse de l'Opéra National de Paris, le 14 et le 15, à de nombreux professeurs de danse au Centre National de la Danse, et le 12 et le 16 à l'Académie Américaine de Danse, où elle a aussi présidé aux auditions pour l’admission au cours d’été de la School of American Ballet.

Certains de ces cours se sont tenus à portes ouvertes, avec la possibilité pour la presse spécialisée et pour les professeurs intéressés d'y assister et de participer aux débats qui ont suivi les cours.

Le co-auteur du livre Russell Lee et la collaboratrice Judith Anthony, ainsi que les traductrices Annie Cécile Pinello et Christiane Marchant, ont participé à ces rencontres.



Instantané Classique/
Suki Schorer


Samedi 14 et dimanche 15 novembre 2009 / 10h30-12h et 13h30-17h. / CND Pantin

© Rosalie O’Connor

À l’occasion de la parution en France et en Italie de l’ouvrage Suki Schorer on Balanchine Technique (1999), Suki Schorer propose cours technique, temps de paroles et rencontres pédagogiques.

Le samedi, Suki Schorer donnera un cours en deux parties ; elle explicitera en détail le travail proposé et répondra aux questions des stagiaires.

Samedi matin : barre détaillée.
Samedi après-midi : travail au centre détaillé (adage, tours, sauts).
Le dimanche matin, elle proposera un cours technique en insistant sur la musicalité, sur le changement qui résulte de ce travail pour des danseurs.
L’après-midi sera consacré au travail au centre (adage, tours, sauts) avec une attention particulière sur la finesse du travail des pieds, sur la qualité du plié, sur la précision du dessin du corps dans l’espace.

Elle proposera également une sélection d’exercices sur pointes.

Suki Schorer sera accompagnée pendant ces deux journées par Atanas
Kaïtchev au piano.


Elle présentera dimanche en fin d’après-midi son livre sur la technique Balanchine : Suki Schorer on Balanchine Technique.

Centre National de la Danse/Pantin

Danse par-ci par-là

Pantin/ CND/ Suki Schorer

14 et 15 novembre 2009. Le CND a organisé un « Instantané Suki Schorer » à l’attention des artistes chorégraphiques et des professeurs de danse classique. Après avoir été formée à la San Francisco Ballet School, Suki Schorer a été engagée dans la compagnie y afférent en 1956. Elle a poursuivi sa carrière au New York City Ballet à partir de 1959, sur invitation de George Balanchine et y sera sacrée Principal en 1968, avant de se retirer des planches en 1972. Très tôt à son arrivée au NYCB, George Balanchine décèle chez elle des talents pour l’enseignement et lui demande de donner des cours à School of American Ballet, ce qu’elle fait dès qu’elle en a l’opportunité, alors que sa carrière de danseuse est encore loin d’être terminée ou alors le remplace lorsqu’il est absent pour le cours qu’il donne d’ordinaire quotidiennement à la compagnie. Après avoir quitté la scène en 1972, Suki Schorer se consacre exclusivement à l’enseignement et a la classe du cours avancé pour les filles à la School of American Ballet, ce qui reste encore aujourd’hui sa principale occupation.


Grâce à l’autorisation du CND, j’ai pu assister à certains cours. J’ai alors observé qu’avec les professeurs de danse, le samedi après-midi, elle détailla ses explications au maximum. Elle insista sur les ports de tête et les ports de bras et proposa ensuite des exercices au milieu qui incluait certes les jambes, mais où le travail du haut du corps restait au cœur de l’exercice. Le dimanche matin, d’apprenties danseuses s’étaient jointes au groupe. Le groupe eut le droit à une barre et l’après-midi fut consacré au travail des pointes. Les explications furent alors plus courantes à celles d’un cours de danse habituel, mais les professeurs purent poser autant de questions sur la technique et Suki Schorer resta à leur disposition. Elle proposa même de choisir les exercices s’ils le souhaitaient. Une ambiance chaleureuse et un vrai moment de partage pour cet art dont la transmission se fait souvent par oral et par l’expérimentation dans le corps. Si Suki Schorer montra tous les exercices avec un égal entrain, elle était accompagnée de Jessy Hendrickson, ex-danseuse du NYCB qui se produit maintenant dans des comédies musicales et qui fut l'exemple à suivre pour cette technique, au cours des différentes classes. Parions que les participants ne sont pas prêts d’oublier ses 2 journées !



Grâce à la Fondation Balanchine, elle a créé une série de 9 vidéos : The Balanchine Essays. Elle y expose les théories de Mr B. sur la danse, appliquées aux différents pas et son approche personnelle du mouvement. Et en 1999, son livre : Suki Schorer on Balanchine Technique a été publié et expose les principes de l’enseignement que réservait George Balanchine aux danseurs professionnels. Après avoir été publié en anglais par Knopf, voici que Gremese le publie en italien et en français. Une édition japonaise est en cours. Violette Verdy a écrit à propos de ce livre : « l’encyclopédie la plus complète que l’on puisse concevoir à ce sujet. En ce qui concerne l’enseignement, personne ne fut aussi proche de Balanchine que Suki Schorer. Elle était et elle reste, une dépositaire unique de sa technique et de la façon de l’enseigner.»

France 2 V

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